ET SI ICLOUD ÉTAIT LA RÉPONSE D’APPLE À OFFICE 365 ET GOOGLE DOCS?

ET SI ICLOUD ÉTAIT LA RÉPONSE D’APPLE À OFFICE 365 ET GOOGLE DOCS?

Article publié dans Nelson Dumais Le Magazine et MacQuébec en 2012

Depuis quelques semaines, Apple déploie des mises à jour de son service web, iCloud. On a progressivement vu depuis l’année dernière, la migration du décevant MobileMe (services courriels, calendrier et contacts) vers le toujours méconnu iCloud et ensuite, l’apparition dans ce dernier d’émulations des applications natives d’OS X comme  Notes et  Rappels. De plus, cette semaine, les Notifications ont été implémentées dans iCloud.

En prenant en considération que l’on peut, toujours à partir de l’interface web, télécharger sur notre ordinateur les documents iWork, les travailler localement dans Pages, Numbers ou Keynotes et ensuite les renvoyer vers iCloud, il n’y a qu’un pas à franchir pour deviner que la prochaine étape pour Apple sera de développer les outils pour faire l’édition directement à partir de l’interface web.

La concurrence

Chez Microsoft (Office365, SkyDrive, Outlook.com) et Google (Docs, Drive, gMail), on a accès (gratuitement ou de façon payante) à un éventail complet d’outils et de services infonuagiques comme de l’espace disque pour tous nos fichiers, des outils pour créer et modifier, entre autres, des fichiers de bureautique, les accès courriels, calendriers et contacts, et des options de synchronisation diverses (Navigateur Internet, Musiques, Livres, etc).

Avec la sortie des appareils mobiles Windows 8, Jelly Bean et iOS6, la compartimentation des environnements sera de plus en plus prononcée. Prenons en exemple les tablettes Windows RT (Windows 8 avec processeur ARM) qui seront livrées avec Office 2013 sans frais et avec l’obligation, pour s’enregistrer, d’avoir un compte Windows Live, donc d’avoir un espace SkyDrive et potentiellement, même un courriel de chez Microsoft. La chose se répète avec les produits Android et Apple ; pour les enregistrer et les utiliser, il faut un compte du manufacturier du système d’exploitation.

On apprenait aussi hier que chez Microsoft, on prenait pour de bon la voie de l’abonnement plutôt que de l’achat des logiciels, et ce, même pour les acheteurs moyens. La version 2013 de Office sera offerte en abonnement annuel, ce qui voudrait dire qu’à chaque année on paierait un montant pour poursuivre la location des logiciels. De plus, il n’est pas confirmé si les mises à jour seraient incluses. Cette façon de faire, tout comme celle d’Apple d’inciter ses clients à utiliser le Mac App Store pour les applications OS X, est, pour les manufacturiers, une façon simple d’enrayer un certain pourcentage du piratage en validant que chaque copie est bel et bien enregistrée. Bienvenue en 1984…

Et l’utilisateur dans tout ça ?

Le consommateur fera donc, sans nécessairement le savoir, un choix important en adoptant une plateforme. Lorsque viendra le temps de changer son téléphone, sa tablette, son ordinateur et peut être même son téléviseur, la radio de sa voiture ou n’importe lequel de ses gadgets comportant une puce et une interface utilisateur, le client devra décider s’il reste dans son écosystème informatique ou s’il transfère ses pénates dans celui d’un concurrent en perdant tous ses acquis (musique, logiciels, livres et autres produits comportant ou non des DRM) et les montants déboursés pour les acheter. Contrairement aux anciennes habitudes, pour lesquelles le matériel dictait les choix informatiques (on était Apple ou PC),  nos choix devront, de plus en plus, être justifiés par le service qui nous convient le mieux et dans lequel on a le plus investi.

Mais le futur, que nous réserve-t-il ?

Si on se laissait aller à imaginer un futur plus ou moins rapproché, il ne serait pas surprenant que la prochaine itération majeure d’OS X (peu importe le nom qui lui sera donnée) ne contienne même plus les applications natives pour amener ainsi l’utilisateur à utiliser le service iCloud. Peut-être qu’il faudrait acheter une application tierce pour aller chercher ses courriels Exchange ou IMAP. Peut-être même que le matériel Apple ne deviendrait rien d’autre qu’un « dumb terminal » qui ne servirait plus qu’à accéder au contenu Apple et iCloud. Qui sait…

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